Une fois de plus, nous avons un bel exemple de l’incompréhension de la part de certains français souhaitant râler gratuitement sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Google+). L’objet de mon agacement et réaction rapide sur le sujet ? Un article-fleuve publié ici :

ufcFacebook

Un ensemble de réflexions et de possibles absurdités condensées en une future action en justice pour l’union de consommateurs.

J’en prendrai certains passages pour vous donner mon point de vue, je vous laisserai le soin de déguster ce pavé indigeste.

Je profite également de cet article pour rappeler que les propos tenus sur ce site ne représentent que et uniquement mon opinion en tant qu’auteur, et n’engagent pas les sociétés, entreprises ou collectifs auxquels je contribue ou dont je peut être associé ou employé (comme indiqué dans les mentions légales du blog).

 

Les reproches de l’association : des conditions contractuelles opaques, « elliptiques ou pléthoriques »; des textes « illisibles », longs et parfois en anglais.

Un ensemble de jolis mots, qui donnent l’impression que la personne ayant lancée ces attaques a lue les conditions générales d’utilisation des réseaux sociaux. Oula, ce qui m’a impressionné aussi c’est que les textes sont parfois en anglais. Quelle horreur ! Nous sommes donc francophones réfractaires aux sites en anglais ? Vivement un Internet privatisé entre francophones, sans ces sites polluants dans cette langue étrange et si peu utilisée …

 

L’association […] estime que les réseaux sociaux « font fi de leurs obligations légales, pour faire main basse sur les données personnelles des utilisateurs ».

Cette même association a donc lue dans les CGU des différents réseaux que le produit était gratuit. La plateforme n’est pas accessible suite à un engagement budgétaire. Elle a peut être oubliée que si un produit est gratuit, c’est que l’utilisateur est le produit. De plus, selon le pays où est situé le siège social, les règles du jeu peuvent changer.

 

Les informations essentielles (responsabilité, récupération des données sur les divers terminaux, etc.) s’en trouvent ainsi « morcelées et distillées de manière éparse dans les conditions », déplore le communiqué.

Soyons sérieux deux minutes, pensez-vous réellement que l’internaute moyen a lu les conditions générales d’utilisation ? Ne faites vous pas ce « ramdam » pour une micro-minorité réfractaire au changement ? C’est un peu ce que je crois. Mais je ne suis pas contre le fait de me tromper.

 

L’UFC s’en prend également à la sécurité des réseaux. Pour l’association, Google+, Facebook et Twitter se dégagent de toute responsabilité, prétendant fournir le réseau « en l’état ».

Hum, n’est pas le principe d’une plateforme en libre accès ? Si cela est clairement indiqué dans les CGU, il n’y a aucune réclamation à faire. C’est une situation qui peut arriver, la plateforme peut avoir à satisfaire certaines contraintes (utilisabilité, accessibilité, sécurité, …) mais ça revient une nouvelle fois sur le principe d’abonnement qui sous-entend un engagement des deux côtés. Côté service : des points précis à garantir; côté utilisateur : payer pour y accéder.

 

Mais les trois grands peuvent à tout moment modifier ou supprimer l’accès au service et aux données « sans que jamais sa responsabilité ne puisse être engagée », alors qu’ils peuvent utiliser les données enregistrées – et même supprimées – sans avertissement.

Même chose. C’est fou de lire certains paragraphes comme celui-ci. Sans utiliser pour autant le qualificatif de « choquant », cet article réussi à me surprendre et m’agacer.

 

Ce qui choque le plus l’UFC, c’est la capacité qu’ont ses sites de croiser les données d’un internaute, mais aussi de tous ceux qui lui sont rattachés.

Bienvenue sur les Internets mes amis ! Avec du retargeting, de la revente d’informations vous concernant (étant bien détaillé dans les CGU et le petit opt-in à l’inscription), de l’utilisation de vos données pour la publicité …

 

La mise en demeure de Facebook, Twitter et Google+ est un premier pas, mais l’association espère aussi sensibiliser les utilisateurs de ces réseaux à un peu plus de vigilance.

Là je suis d’accord, il faut de la pédagogie. Mais la façon de procéder de l’UFC Que Choisir est un peu radicale, on peut quasiment y lire : « de base, l’internaute français moyen est con, aidons-le« . Je suis bien moins d’accord sur cette partie, la pédagogie et l’accompagnement sont essentiels. Il faut garder les bonnes pratiques que l’union de consommateur possède. Sur des cas très pratiques (non « digitaux« , sic) elle fait très bien son travail et aide de nombreux foyers. Il faut juste qu’elle ne confonde pas son pouvoir sur le sol français et son début d’existence sur les médias sociaux en tant qu’acteur engagé.

 

Cette situation est clairement un enchaînement de méconnaissance du web, des médias sociaux et des exploitations marketing qui peuvent en découler – et qui font vivre beaucoup de sociétés. L’Internet global possède ses propres façons de fonctionner. Les états doivent s’y attarder pour les comprendre et tenter de les adapter à chaque pays. Reprendre le principe de précaution pour bloquer, intenter des actions en justice et faire passer les réseaux sociaux pour de grands méchants loups; pour moi, c’est un peu une vaste blague de (très) mauvais goût.

 

La réponse officielle de Facebook France est assez explicite, j’ai hâte de lire la réponse de l’intéressé :

« Le respect de la vie privée et la transparence sont des priorités pour Facebook. Nous offrons à nos utilisateurs des outils de contrôle uniques et efficaces. Facebook est en conformité avec toutes les lois européennes applicables en la matière. Nous serions heureux d’expliquer notre politique de respect des données personnelles à UFC-Que Choisir, pour qu’ils puissent mieux comprendre que l’action qu’ils se proposent d’engager est sans fondement. »

Et vous, que pensez-vous de cette situation ?