Facebook est un réseau social qui met en avant l’homophilie. Il s’agit de l’attirance réciproque de ceux qui pensent appartenir à la même identité. Sans lien direct avec l’affinité ou l’amitié au sens littéral du terme.

Lorsque nous sommes « amis » sur Facebook, nous nous rassemblons autour d’éléments communs. Qui nous sont plaisants.

Si nous aimons les mêmes choses, c’est que nous nous ressemblons, alors rapprochons-nous.

Un réseau social permet de réunir les individus en clamant « voici ce que nous aimons« . Il est très peu probable qu’un jour un espace d’échange permette sereinement de réunir les gens mettant en avant « voici ce que nous n’aimons pas« .

Le conflit naît de la divergence. Celle-ci nous fait peur.

Lorsque nous participons aux mêmes événements, nous nous sentons bien ensemble, nous nous sentons égaux. D’où l’échange de commentaires, de photographies, de pokes. L’un des principes fondateurs des réseaux sociaux est la régulation sur ce qui est identique.

Le conflit y est donc structurellement banni. Le croisement des idées, les échanges et les sélections sur les différences sont donc bloqués, tout comme ce principe d’évolution.

En se reconnaissant dans la même identité, nous restons entre nous.

La diversité n’existe pas, pire, elle ne nous concerne pas.

L’homophilie est donc un concept purement social. En adoptant ce point de vue, il est à l’origine de la créations de groupes variés de personnes qui se reflètent les unes dans les autres.

A l’opposé de la réunion par affinité, où l’attrait par la différence sert de point de départ. Pour ce type de relation, la réunion est facilité par la présence de points de différenciations avec un autre groupe déjà construit.

C’est un peu le principe du village, où tout se sait sur tout le monde.

Un village n’est pas un réseau social à la Facebook. Il est basé sur des différences, sur une inégalité entre les individus.

La mode du 2.0 est la mise à plat des connaissances, capacités et influences pour tous. Un départ neutre. Peu ébranlé par la disparition de l’anonymat, le principe de réseau social à visage découvert ne peut être gouverné par l’attrait de la différence. Mais plutôt sur les points qui réunissent.

Le bouton « J’aime pas » serait difficile à justifier.

En permettant de mettre clairement en avant un avis différent, la plateforme sociale laisse libre cours aux conflits. Pouvant amener à des situations sociales difficiles à gérer, pouvant même déborder du virtuel au réel.

Après tout, le « j’aime pas » serait un peu la boîte de Pandore des trolls, déjà bien présents sur les Internets. 😉

Please, don’t feed the trolls !