Cela fait seulement un quart de siècle que nous avons pris l’habitude de taper une URL pour accéder à un contenu.

J’ai l’impression que ça fait une éternité. D’avoir toujours eu ce réflexe. Pourtant ce n’était absolument pas naturel.

Mon premier souvenir avec un ordinateur commence à dater. Je n’arrive pas à mettre une année précise dessus, mais je me souviens que c’était directement sous DOS, en ligne de commande.

Mon père m’avait écrit un mémo avec les principales commandes et les répertoires vers quelques jeux. Histoire que j’évite de tout casser, ce qui est tout de même arrivé …

Ensuite sont arrivés Windows 3.11 et Windows 95, et enfin, la révolution avec Windows 98.

Ma première connexion au web, c’était en 56ko. C’était lent et beau à la fois.

Je me souviens d’avoir vu passer des offres Club Internet aux alentours de 1998 ou 1999. Mais c’était surtout avec les forfaits 50h d’AOL, ceux qui vous forçait à passer dans leur interface dédié, que j’ai commencé à me perdre sur la toile.

Le bruit du modem qui se connecte et la réflexion : « arrête Internet, j’ai besoin de téléphoner ! ».

Pour en revenir au web, avant 2000, c’était lent, mais c’était bien (je l’avais déjà dis ?).

J’avais l’impression de faire parti d’un obscur club privé. Rassemblant quelques privilégiés. Pas de jeu en réseau ou de streaming, uniquement des lignes de textes que l’on se partageait. Parfois on essayait de partir à l’aventure en allant piocher de nouveaux fonds d’écrans et économiseurs d’écrans.

Du tchat sans fin –enfin si, la limite des heures du forfait– et la recherche d’infos en ligne de sites en sites, mes navigations aléatoires me passionnaient. Ça doit être à ce moment là que j’ai compris que je voudrais bien en faire mon métier.

Alors comme beaucoup à cette époque, j’ai tenté de me créer ma propre page, et de l’héberger. Ça c’était la partie pas facile. Pas de carte bleue, pas d’ecommerce, pas d’interface simple de création mais surtout aucune notion réelle.

Mais ce n’était pas grave, le défi était là, loin d’être insurmontable en plus !

Avec le temps, j’ai appris comment Internet fonctionnait, que le web n’en était que l’un des canaux. Que les possibilités sont quasi-illimités. Que l’ambiance y est sympa. Mais aussi que j’aurai adoré ne jamais croiser sa route.

Mine de rien, j’en arrive parfois à regretter le temps où être devant un écran était limité aux films à la télé.

Maintenant, je travaille devant un écran, mon téléphone est plus puissant que les ordinateurs d’il y a quelques décennies de la NASA, ma tablette me sert pour pas mal de choses au quotidien. Bref, je me sens entouré d’écrans. Y compris dans la rue.

Cher web, je te déteste comme je t’aime.

Ce petit paragraphe sur l’amour et la haine était là surtout pour démontrer que d’un club un peu secret, nous sommes passés à la banalisation de la présence en ligne. N’importe qui peut y être pour y faire n’importe quoi.

Beaucoup de superbes ressources sont gâchés par l’intérêt inexistant des utilisateurs. Ça me fait parfois un peu mal au coeur.

Du coup, je me rappelle ce que j’aimais avec les newsgroups : découvrir et échanger. Cet ancêtre des réseaux sociaux avait déjà joué le rôle de mentor à cette époque. Je me sens parfois pousser des ailes à voir que ce que je pensais fou il y a quelques années être utilisé au quotidien. Ou que les rêves formulés aujourd’hui seront réalité demain.

D’un adolescent boutonneux, le web est passé au stade de l’adulte qui se cherche. Intelligent, effrayant et sans réel contrôle.

Cela ne fait pas 25 ans qu’on se connait lui et moi, mais ça fait pas mal d’années qu’on se supporte et qu’on s’apprécie.

L’Histoire a changée avec le web. Ce n’est pas prêt de s’arrêter, il faut juste que nous soyons prudents collectivement. Il est si facile d’être rapidement dépassé.

Heureusement qu’il reste les chatons pour nous sauver 😉

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