S’il y a bien une chose qu’on retient à mon sujet généralement c’est ma coupe de cheveux. Vous savez, celle que vous obtenez après avoir porté trop longtemps votre casque sur les oreilles. Celle que j’ai actuellement.

Ce petit paragraphe d’introduction pour lancer une généralité : la musique peut devenir un peu ce que l’on veut.

Dans mon cas, c’est une véritable addiction.

A la fois concernant son support mais surtout ce qu’elle transmet. Mine de rien, j’ai réussi à connaître pas mal de moyen d’écouter la musique. Entre celle sur bandes magnétiques quart-pouce (un ancêtre de studio) et l’écoute purement numérique, les façons de consommer sont variées.

J’ai eu la chance de pouvoir vivre les évolutions des habitudes d’écoute : vinyles, musicassettes (la fameuse K7 de son petit nom), les Mini-Discs, le MP3 (Emule, Kazaa, Napster …) et le streaming.

Assez étrangement, je pensais naïvement que le streaming illimité façon Spotify serait mon remède à ma sur-consommation de titres en tout genre. Mais finalement, pas tant que ça.

Effectivement, j’adore pouvoir écouter ce que je souhaite instantanément. C’est un fait. Le plaisir de la disponibilité reste la quête du graal pour les accros aux casques.

Mais j’ai des souvenirs incroyables avec mon lecteur K7 et mes quelques albums à écouter. La rareté provoque le besoin et l’attention. Je connaissais réellement chaque titre de chaque album pour en avoir usé les bandes.

Au final, le choix est vraiment difficile à faire. D’un côté la culture du zapping, de l’autre celle de l’appropriation.

Encore aujourd’hui lorsque j’écoute certains albums, je me dis qu’il est dommage qu’on puisse passer à autre chose si facilement.

Un album de musique est une chose complexe à appréhender. C’est un concept. De l’art.

Pouvoir basculer d’un titre à l’autre sans logique autre que son affinité n’est au final pas si intéressant. Mais c’est sûrement dû à la sur-médiatisation des « singles ». Pour l’anecdote, je reste bluffé par l’album Queen II, celui-ci se déroule sans blanc, sans pause, toujours dans la continuité. J’ai essayé de retrouver ça ailleurs dans les sorties actuelles …

Il s’agit peut être tout simplement d’une mode, d’un principe issu du rock, d’un rêve de musicien au final.

Certains albums continuent dans cette veine et se doivent d’être écoutés d’une traite, à plusieurs reprises.

Il n’y a pas que Queen, il y a Pink Floyd, Jetrho Tull …

C’est sûrement pour cela que je suis bien fan de certains (bons) DJ et du principe de mixtape savamment préparée. Ne pas s’apercevoir que l’on voyage dans le temps est une incroyable sensation. Mais je m’éloigne un peu, la base de l’article c’était la révolution technologique qui permet de stocker plus de musique qu’on ne peut en écouter dans nos poches.

Je ne rentrerai pas dans les débats qui n’en finissent pas concernant la « qualité de son » qui diffère entre les différents supports.

Après tout « Quod abundat non vitiat » (c’est le paragraphe où je fais semblant d’avoir fait du latin).

La traduction est : « ce qui abonde ne vicie pas ». Même si on possède une chose en quantité suffisante, on l’accepte encore par prévoyance. En effet, il coûte peu d’avoir trop mais cher de ne pas avoir assez. Je pense que c’est comme ça que nous fonctionnons. Nous tentons de trop prévoir.

Je suis sûr qu’à cause de la profusion de chansons à disposition que nous passons à côté de perles. A la fois dans les sorties actuelles, mais surtout sur celles du passé. Pas forcément si lointaines, même le fait que je sois un accro à la Motown ne surprend plus grand monde … Le numérique est une chance mais également un grand danger.

La musique est un art qui est manipulé et contrôlé par un pouvoir de communication.

C’est ça qui me fait parfois peur, mais comme beaucoup, ça me permet d’en profiter. Et égoïstement, j’avoue que cette situation apparait confortable. Ne jamais cesser de lutter contre cet état de fait reste compliqué. Autant apprendre à se servir des armes des adversaires pour les retourner contre eux.

A mon sens, c’est ce que font les playlists et compilations mettant en avant les samples et chansons d’origines des hit-parades du moment.

Partir à la recherche de la connaissance absolue, du bon goût ultime, des références incontournables … C’est beau, mais ça reste compliqué.

Avançons pas-à-pas, en appuyant sur lecture, sans avance-rapide …

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