Sommes-nous tous des influenceurs ?

journal influence marketing

C’est maintenant devenu l’un des gros mots du web : « les influenceurs ». On le considère parfois comme l’astuce magique pour faire décoller une campagne marketing un peu faiblarde. Mais au final l’influence marketing c’est un peu plus que cela ...

Ce n’est pas nouveau, depuis bien longtemps les gens se forgent leurs opinions en échangeant avec d’autres individus. Ceux-ci ont un pouvoir immense : une opinion qui va venir défier le principe de communication descendante de la part des médias traditionnels.

Il y a eu de nombreuses publications pour décortiquer l’aspect sociologique de l’impact de ses leaders d’opinion. Si on remonte à 1944, on peut aller lire « The People’s Choice » de Lazarsfeld qui prend l’exemple d’une campagne électorale dont le vote est faible. Il s’efforce de démontrer le rôle des groupes sur le choix de vote (via les cercles d’interactions d’un individu). Il va aller jusqu’à conclure que le vote est une science où il est possible de prévoir sa finalité selon des variables sociologiques (lieu de vie, revenu, CSP, religion).

Si cette lecture paraît dépassée, il y a aussi les deux livres plus actuels : Freakonomics et SuperFreakonomics de Steven Levitt. Ces deux recueils de bon sens donnent une nouvelle perspective sur des soucis du quotidien et l’impact des décisions collectives.

Avec cette étude, un pavé a été jeté dans la mare. Deux mythes ont étés ébranlés :

  1. La puissance des médias n’est pas une vérité absolue.
  2. La puissance du citoyen avisé n’est pas absolument une vérité.

Avant de s’appeler « influence marketing », le principe même de diriger une opinion a été appelé « manipulation ». Ceci existe depuis bien plus longtemps que les supports en ligne type Instagram.

Ce qui a changé avec l’arrivé des influenceurs et la mise en avant de leurs pouvoirs variés de visibilité, c’est la prise en compte de ce canal de distribution de l’information à des fins marketing.

La notion véritable de l’influence commence sur celle du dialogue. Sans échange, pas d’influence. Et pas d’influence sans échanges.

De nombreux influenceurs ont ce qualificatif pour l’aspect négatif du terme, ce sont ceux qui « oublient » de dialoguer et de répondre à ceux qui l’écoutent.

La meilleure représentation de ce pouvoir est le calcul du taux d’interaction. Il s’agit de rechercher la rentabilité entre :

  1. Je parle à plein de gens.
  2. Plein de gens m’entendent.
  3. Certains m’ont écouté.
  4. Peu m’ont suivis et ont échangés avec moi sur leurs ressentis.

C’est la dernière partie qui devient la plus intéressante et la plus représentative. Elle permet d’expliquer l’importance de la prise en compte puis de la gestion de la micro-influence (ces fameux « petits comptes »).

Cette influence commence dès notre arrivée dans le fabuleux monde de la vie, l’éducation est la première étape d’appropriation de codes qui resteront tout au long de la vie d’un individu.

La première publicité pour vous convaincre de la consommation d’un produit est bien souvent une histoire de biberon ...

Bref, tous influenceurs ? Oui, à des niveaux différents mais qui existent bel et bien. Les différents niveaux sont comme différents paliers de visibilité.

Plus notre portée est grande (cercle familial puis les amis puis les inconnus) plus notre pouvoir devient important et peut se dégrader.

L’influenceur cesse de l’être à partir du moment où il perd la notion d’échange véritable avec ceux qui l’écoutent. Il devient alors ... une marque.

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